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Le Temps d’une paix a 40 ans


mediom1
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Rose-Anna, Joseph-Arthur, «Mémère» Bouchard, «Ti-Coune»... Quarante ans après les débuts du Temps d’une paix, le 29 octobre 1980, les noms des personnages de l’immortel téléroman de Pierre Gauvreau résonnent encore comme s’il s’agissait de membres de la famille.  

L'auteur mythique aurait sans doute eu lui-même du mal à y croire si on lui avait dit que son œuvre campée dans le Québec de l’entre-deux-guerres (1920-1940), avec ses splendides panoramas de la région de Charlevoix, tiendrait encore l’antenne en 2020 après d’innombrables rediffusions sur les plateformes de Radio-Canada.

À l’occasion de l’anniversaire de l’inoubliable série, six de ses principaux acteurs se souviennent de l’épopée du Temps d’une paix et nous donnent de leurs nouvelles.

Le Temps d’une paix, du lundi au mercredi, de 17 h à 19 h, sur ICI ARTV, avec d’autres rediffusions dans la grille.

Paul Dion – Yvon Lavoie 

Claude Prégent et Paul Dion dans une scène du «Temps d'une paix»
PHOTO COURTOISIE, Agence Chantal David

Paul Dion était dans la fin vingtaine lorsqu’il a hérité du rôle d’Yvon Lavoie, qu’il décrit comme un «bon bonhomme», une «bonne personne», qui a su se relever dignement de l’éconduite que lui avait fait subir la belle Juliette (Katerine Mousseau), dont il était amoureux.

Émotif, l’acteur, qu’on a récemment vu dans District 31, affirme que Le Temps d’une paix n’évoque pour lui que de la magie et des souvenirs impérissables.

«J’en parle et j’ai encore des frissons dans la peau du cœur, dans la chair, partout. Ç’a été une série presque céleste et divine, quelque part...»

Paul Dion parle du téléroman comme des «plus belles années de [sa] carrière», décrit le réalisateur Yvon Trudel (aussi maître d’œuvre des Belles Histoires des pays d'en haut, de Rue des Pignons, de Terre humaine et de Cormoran) comme un géant, l’auteur Pierre Gauvreau comme l’une des plus grandes plumes de son époque, il vante la profondeur des textes, raconte à quel point artistes et artisans étaient «tricotés serré» sur le plateau, relate un passage bucolique dans la nature poétique de Charlevoix, etc.

«J’appelle ça les années d’or de Radio-Canada, indique-t-il. Le Temps d’une paix était servi par une équipe extrêmement habile au niveau des costumes, des décors, des techniciens, des caméramans. Yvon [Trudel] était un bon père de famille qui savait réunir les bonnes personnes aux bons endroits. Pendant les tournages, on a traversé les quatre saisons: automne, hiver, printemps, été, toujours dans des décors extraordinaires, magnifiques. C’est sûr que c’est une série culte et les téléspectateurs ne se tannent pas de la regarder. Je pense que c’est la plus grande série qui a été tournée à Radio-Canada. Encore aujourd’hui, je vois des jeunes dans la vingtaine et la trentaine regarder la série et découvrir l’histoire d’un peuple, de la nation québécoise.»

Marie-Lou Dion – Antoinette Saint-Cyr 

Claude Prégent et Paul Dion dans une scène du «Temps d'une paix»
PHOTO COURTOISIE, Geneviève Landry

Marie-Lou Dion avait beau incarner Antoinette, l’une des figures les plus populaires du Temps d’une paix, la comédienne ne composait pas très bien avec la notoriété que lui apportait ce premier «premier rôle», à l’époque.

Alors au début de la trentaine, elle pratiquait son métier depuis une dizaine d’années, mais le poids de la célébrité lui pesait.

«Je ne vivais pas ça très bien, avoue-t-elle. Même que je fuyais ça. C’était plaisant parce que les gens étaient aimables et ça venait avec quelques petits privilèges, mais l’excitation des gens devant une “vedette” m’agaçait. Aujourd’hui, je ne le vivrais pas ainsi, mais à l’époque, je n’aimais pas ça. Je fuyais les journalistes et refusais toutes les demandes d’entrevues. J’avais un soin jaloux de préserver ma vie privée. Je trouvais que j’étais déjà assez affichée avec le personnage et je me disais qu’avec qui je dormais et mangeais, et de quoi avait l’air mon intérieur, ce n’était pas des affaires de personne! Je le voyais vraiment ainsi.»

Claude Prégent et Marie-Lou Dion dans une scène du «Temps d'une paix»
PHOTO COURTOISIE, André Lecoz
Claude Prégent et Marie-Lou Dion dans une scène du «Temps d'une paix»

Elle était néanmoins fière d’interpréter une femme aux principes avant-gardistes et féministes.

«Même en ce qui concerne Rose-Anna [Nicole Leblanc], on parle d’un personnage féministe. Et, des trois enfants de Rose-Anna, celle qui ressemblait le plus à sa mère, c’était Antoinette. Elle avait le même caractère que sa mère: farouche, indépendant... À cette époque, je pense qu’il y avait beaucoup de femmes comme ça, mais on n’en parlait pas parce que le père de famille était une sacro-sainte figure, intouchable. Ces femmes n’avaient ni droit de vote, ni propriété, ni droit d’ouvrir un compte en banque quand elles étaient mariées. Et c’était l’une des raisons pour lesquelles Antoinette ne voulait pas se marier.»

Gérard Poirier – Me Cyprien Fournier 

Gérard Poirier en 1991
Photo d'archives
Gérard Poirier en 1991

Gérard Poirier reconnaît que, dans l’esprit des téléspectateurs du Temps d’une paix, l’attitude de son personnage du notaire hautain Cyprien Fournier — qui formait un couple avec Marie-Thérèse, incarnée par la regrettée Andrée Lachapelle — pouvait paraître «terrible». Il s’en est fait souvent parler. Mais le grand acteur évoque le contexte historique pour défendre ce qu’il avait jadis à jouer.

«On m’a souvent dit, en parlant de la façon dont mon personnage traitait sa femme, que c’était révoltant. Mais c’était ça, à l’époque. Les hommes, surtout ceux qui avaient fait des études, comme le notaire, étaient à prendre avec des pincettes! Les femmes n’avaient pas le culot qu’elles ont aujourd’hui, elles étaient assez dans l’ombre. Il ne faut pas croire que le notaire était le seul dans cette situation-là. Il suivait la mode, si j’ose dire.»

«Le Temps d’une paix témoigne d’une époque où les choses ont beaucoup changé», ajoute Gérard Poirier, qui avait entre autres enseigné à Denys Paris («Ti Coune», du Temps d’une paix) lorsqu’il était professeur de théâtre, avant d’être acteur.

Le comédien Denys Paris a incarné George-Aimé alias «Ti-Coune» Belleau et son jumeau Amédée Belleau dans la série «Le temps d'une paix», présentement rediffusée à ICI ARTV.
PHOTO COURTOISIE, Collection personnelle
Le comédien Denys Paris a incarné George-Aimé alias «Ti-Coune» Belleau et son jumeau Amédée Belleau dans la série «Le temps d'une paix», présentement rediffusée à ICI ARTV.

 

Jean-René Ouellet – Benoît «Ben» Fournier 

Claude Prégent et Paul Dion dans une scène du «Temps d'une paix»
PHOTO COURTOISIE, Agence Ginette Achim

Jean-René Ouellet, alias Ben Fournier, se fait discret dans nos écrans depuis quelques années, à tel point qu’il peine à se remémorer ses derniers rôles (dans Toute la vérité et le film Le Règne de la beauté, notamment).

«Je suis toujours comédien, mais je ne travaille plus, informe-t-il. C’est ce que je veux. J’ai 73 ans, j’ai fait ce que j’avais à faire. Je pourrais avoir un petit rôle dans un film, mais pas travailler sur de grosses affaires; je ne suis plus capable et ça ne me tente plus. Je ne suis plus capable de suivre le rythme.»

Aujourd’hui, Jean-René Ouellet occupe ses journées avec «beaucoup de passe-temps», dont la peinture, depuis cinq ans. Mais il n’expose pas ses œuvres. Son épouse, native de New York, et lui habitent Saint-Adolphe, dans les Laurentides, et ils sont parents d’une fille de 30 ans.

Du Temps d’une paix, l’homme garde en mémoire comment la fiction du terroir a propulsé sa carrière, même s’il vivait déjà bien de son métier auparavant.

«Ce sont de belles années. C’est une série culte qui nous a tous mis au monde. Moi, j’avais fait bien d’autres choses avant, mais cette série a marqué la rencontre de tous ces beaux esprits, cette belle gang, riche, Paul Hébert, Pierre Dufresne, Nicole Leblanc... On mangeait toujours ensemble lors des tournages. La série nous donnait de bonnes assises, nous a assuré du travail et un salaire pendant sept ans», relate Jean-René Ouellet.

Sébastien Dhavernas – Raoul Savary 

Claude Prégent et Paul Dion dans une scène du «Temps d'une paix»
PHOTO COURTOISIE, Maxime Côté

Sébastien Dhavernas (Raoul Savary) peine à croire que Le Temps d’une paix a déjà 40 ans et s’émerveille de constater que la fresque télévisuelle vit encore aujourd’hui. Plus encore: il rigole même du fait que le rayonnement de la série a dépassé les frontières du Québec.

«Une fois, j’étais dans un autobus entre New York et Montréal. Un homme m’aborde avec un anglais teinté d’espagnol et il me demande si je suis le lieutenant Savary dans El Tiempo de la Paz. Il habitait à Lima, au Pérou, et la série était diffusée chez lui, en espagnol. On savait que la série était diffusée en Espagne, on avait reçu un épisode, et c’était drôle, parce que nos voix étaient différentes, beaucoup plus hautes, en espagnol», mentionne en s’esclaffant Sébastien Dhavernas, qui se souvient avoir entretenu une relation particulière avec les deux comédiens qui ont prêté vie à Joseph-Arthur, Pierre Dufresne et Jean Besré, lesquels sont tous deux décédés maintenant.

«J’étais le directeur artistique de la Compagnie Pierre Dufresne, qui avait trois théâtres en région, et je m’occupais d’organiser les spectacles. Pierre était presque un second père pour moi. On a été très proches, on a beaucoup ri. Ça a été une super belle rencontre pour moi. Et Jean Besré, qui lui avait succédé dans le rôle de Joseph-Arthur, j’allais le voir dans sa loge quand j’étais adolescent et qu’il jouait au TNM. J’ai eu une relation particulière avec les deux Joseph-Arthur!»

Claude Prégent – MacPherson 

Claude Prégent et Paul Dion dans une scène du «Temps d'une paix»
PHOTO COURTOISIE, Collection Personnelle

À l’instar de son ex-collègue Paul Dion, Claude Prégent (MacPherson) fait état d’une sorte de féérie associée au Temps d’une paix.

«Chaque fois que je vois Le Temps d’une paix, je me souviens exactement d’où j’étais, quand c’était et ce qui se passait autour... et ça fait 40 ans! À l’époque, on tournait de façon continue; dans les coulisses, tous les acteurs attendaient dans une pièce à côté du plateau. On était tous là, toute la journée, ensemble, à parler, à rire, à s’amuser, à apprendre nos textes. C’était une période extraordinaire. Une amitié découlait de ces grands moments-là, et je ne parle même pas des moments où on passait un mois ensemble à Charlevoix pendant l’été! L’esprit de corps était tellement rare et important. C’est ce qui a créé la magie de cette série. Après une seule saison, on sentait déjà un engouement incroyable pour la série», explique le comédien, qu’on retrouve actuellement dans 5e rang.

Claude Prégent et Paul Dion dans une scène du «Temps d'une paix»
PHOTO COURTOISIE

Claude Prégent vivait pratiquement un baptême de caméra avec Le Temps d’une paix, puisqu’à 23 ans, il n’avait terminé ses études en théâtre que depuis un an lorsqu’on lui a attribué le rôle de l’orphelin MacPherson. Plus tard, il a rejoué les mots de Pierre Gauvreau dans Cormoran et se réjouit d’avoir eu la chance de participer à des projets aussi porteurs culturellement et socialement, qui font encore office de leçons d’histoire en 2020.

«C’était la marque de commerce de Pierre Gauvreau. C’était un cours d’histoire monumental, écrit de façon extraordinaire. Dans Le Temps d’une paix, il y a au moins une ou deux scènes d’anthologie par épisode, jouées par des acteurs au faîte de leur talent», estime Claude Prégen

                                         À la gang, on sait tout. 

 

                             Mediom1-Administrateur

 

 

 

 

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  • Administrateur
wow j ai bien aimée lire et revoir les comédiens de ce super téléroman que j écoute encore et encore
une serie depareiller
 

                                         À la gang, on sait tout. 

 

                             Mediom1-Administrateur

 

 

 

 

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